Alerte: tentative d'usurpation de titre

Mise en garde contre usurpation de titre

 

Le Bureau du Congrès Mondial Amazigh (CMA) informe l’ensemble de ses membres ainsi que ses partenaires et l’opinion publique, que Khalid Zerrari, ex-coprésident du CMA, est démissionnaire du CMA depuis le 1er septembre 2021 et de ce fait il ne fait plus partie des effectifs du CMA depuis cette date. Le Bureau du CMA a pris acte de sa démission et le lui a fait savoir par courrier.

 

 

Sans en avertir les instances du CMA (Bureau et Conseil Fédéral), M. Zerrari a choisi dès l’année 2019 de servir un parti politique marocain, le Rassemblement National des Indépendants (RNI). Il a participé activement à la campagne électorale de ce parti, présidé par Aziz Akhennouch, à qui il a promis via un ancien membre du CF du CMA, que «le mouvement amazigh du Maroc et le Congrès Mondial Amazigh vont travailler la main dans la main avec M. Akhenouch» (voir https://www.congres-mondial-amazigh.org/2019/07/22/mise-au-point-du-bureau-du-cma/). Ce parti a ensuite gagné les élections en 2021 et son président est devenu Premier Ministre du gouvernement marocain. Depuis, M. Zerrari s’est perdu dans les couloirs du pouvoir marocain sans aucun contact avec ses anciens collègues du CMA.

 

Ainsi, même lorsque notre collègue Kamira Nait Sid, coprésidente du CMA, a été arrêtée le 24 août 2021 puis incarcérée en Algérie, M. Zerrari est resté absolument silencieux, sans même avoir publié le moindre message de soutien à son ancienne collègue en prison depuis bientôt trois ans! Ce n’est pas seulement un manque de solidarité, c’est une trahison envers les valeurs humaines chères aux Amazighs. Et aujourd’hui, il est pour le moins affligeant que Monsieur Zerrari ose publier un communiqué pour nous donner des leçons de fraternité et d’indépendance. Mais d’après nos informations, M. Zerrari ne s’est pas rappelé tout seul et spontanément l’existence du CMA, il a été manipulé par des personnages aux desseins obscurs sur lesquels nous reviendrons.

 

Dans son «communiqué», il est dans la confusion totale car il mentionne dans le titre, des «déclarations faites dans le cadre de la 23ème session des Nations Unies dédiée au MEDPA, à New-York, le 19 avril 2024», alors que le MEDPA (Mécanise d’Experts de l’ONU sur les droits des Peuples Autochtones) ne se réunit jamais à New-York mais toujours à Genève et c’est un organe de l’ONU différent du Forum Permanent des Nations Unies sur les questions autochtones qui se réunit à New-York. C’est une des preuves que Monsieur Zerrari qui a exercé pourtant deux mandats de Vice-Président du CMA et presque un mandat de coprésident, n’a jamais rien compris aux organes de l’ONU dédiés aux droits des peuples autochtones, ni à ceux dédiés à la protection des droits humains en général.

 

M. Zerrari «condamne» l’intervention de Ferhat Mehenni, Président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), faite à l’ONU le 19 avril 2024, alors que celui-ci a dénoncé les violations des droits de l’homme en Kabylie et l’incarcération arbitraire de Kamira Nait Sid, comme tout Kabyle et Amazigh digne devrait le faire. A quel titre M. Zerrari veut interdire à Ferhat Mehenni ou à quiconque d’évoquer la situation de Kamira Nait Sid, lui qui n’a pas fait le moindre geste de solidarité envers elle? Va t-il écrire aussi à Amnesty International, à Human Rights Defenders et à d’autres ONG pour leur demander de ne plus parler de Kamira Nait Sid? Et faisant usage de faux, il ose écrire «nous, coprésident et coprésidente…», alors qu’il n’est plus coprésident et qu’il n’a reçu aucun accord de Kamira Nait Sid, qui est à notre connaissance toujours emprisonnée. Dans ces circonstances, s’il y a quelqu’un qui devrait avoir la décence de se taire, c’est bien M. Zerrari.

 

Le CMA a permis à Ferhat Mehenni de s’exprimer à l’ONU au nom de son organisation et non au nom du CMA, comme tente de le faire croire malhonnêtement M. Zerrari. Le fait que M. Mehenni ait utilisé l’expression «notre ONG» au sujet du CMA, est juste une manière de dire que le CMA est l’ONG de tous les Amazighs, qu’ils soient Kabyles, Chawis, At-Mzab, Kel-Tamasheq, etc. Ceux qui s’offusquent du fait que le CMA ait donné la parole au MAK, ont choisi de se ranger du côté du pouvoir algérien qui réprime implacablement les Kabyles, qu’ils soient membres du MAK ou pas. Et ils n’ont rien dit lorsque le CMA a invité le Président du MAK à son congrès de Meknès en 2008 et à son congrès d’Agadir en 2015. Au contraire, ils se pressaient pour prendre des photos avec lui. Monsieur Zerrari lui-même, venu en Kabylie pour participer à une réunion du CMA en 2013, était fier de s’afficher aux côtés des dirigeants du MAK lors de la traditionnelle marche de Tafsut Imazighen le 20 avril 2013 à Tizi-Wezzu, avant d’être arrêté par la police algérienne puis expulsé vers le Maroc dès le lendemain.

 

Le CMA, ONG internationale de protection et de promotion des droits individuels et collectifs des Amazighs, rappelle également qu’il a toujours soutenu naturellement les mouvements Amazighs dans leur lutte légitime pour leurs droits, leur dignité et leur liberté, comme le Mouvement autonomiste Chawi (MAC), le mouvement autonomiste Mzab (MAM) et le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), à qui il a ouvert les portes du Parlement Européen en 2013-2014. Le CMA, organisation au service de la Cause amazighe, est fier d’aider les Amazighs à défendre leurs droits et à gagner leur émancipation, partout où ils vivent et quel que soit leur mode d’organisation. Coopérer avec des mouvements Amazighs et les soutenir dans la quête de leurs droits légitimes est un choix naturel que le CMA a fait depuis longtemps, tout en veillant à préserver sa neutralité politique et son indépendance.

 

En conclusion, M. Zerrari n’ayant plus aucun lien avec le CMA depuis bientôt trois ans, le Bureau du CMA lui demande instamment de ne plus s’exprimer, de quelque manière que ce soit, au nom du CMA.

 

Paris, 18/04/2974 – 1/05/2024

Pour le Bureau du Congrès Mondial Amazigh

 

Rabah Issadi, Vice-Président