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Le rôle primordial de la résistance amazighe/berbère dans la prise de Tripoli Libération du 16 septembre 2011 relate dans le détail ces journées historiques qui, en réussissant la prise de la capitale Tripoli, ont assuré la victoire de la résistance démocratique libyenne sur la dictature sanguinaire de Kadhafi. Luc Mathieu, envoyé spécial en Libye, raconte : « A Misrata, la ville s'organise et reçoit, via la mer, des cargaisons d'armes. Des combattants issus d'autres régions libyennes ou exilés à l'étranger rejoignent les insurgés désormais aguerris de la cité portuaire. Ils s'organisent pour avancer vers Tripoli, mais leur route est coupée par les forces kadhafistes qui tiennent Zlitan. Une jonction avec les troupes de Benghazi semble impossible : entre les deux poches rebelles se dresse la ville côtière de Syrte, d'où est originaire Kadhafi et qui reste loyale au régime. Le sursaut viendra des montagnes du nord-ouest. Comme ailleurs, ses habitants s'étaient soulevés dès la mi-février, lorsque les premières manifestations à Benghazi ont éclaté. Mais, en quelques jours, face à la répression des forces de sécurité libyennes, ils passent sans hésiter à la contestation armée. Ils ont une revanche particulière à prendre sur le régime de Kadhafi : la majorité des habitants du djebel [les Amazighs disent adrar] Nefoussa sont Berbères. Le Guide libyen s'en méfiait, craignant d'éventuelles volontés séparatistes. Des dizaines de jeunes ont été emprisonnés pour avoir participé à des conférences sur la langue Tamazight dans les pays du Maghreb. Dans ses discours, Kadhafi assimilait les berbères à des « rats ». Les rebelles de l'Adrar ont l'avantage du terrain. A la différence de ceux de l'est, ils ne combattent pas dans le désert, mais dans des montagnes, des collines et des vallées. Des grottes leur servent de refuges face aux tirs d'artillerie des forces kadhafistes. Le 21 avril, ils gagnent une bataille décisive : après trois jours de combat, ils s'emparent du poste frontalier de Dehiba. Les combattants Berbères ont assuré l'essentiel : une voie d'approvisionnement depuis la Tunisie. Peu à peu, ils avancent et font la jonction entre Nalut, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière, et Zintan, à l'est. Ils reprennent Yefren, une ville perchée dans les montagnes, vidée de ses habitants par les forces du régime. Ils ne manquent pas d'armes. A chaque victoire contre les troupes libyennes, ils récupérent kalachnikovs et lance-roquettes. En mai, ils ont reçu des cargaisons de fusils d'assaut et de missiles anti-char Milan parachutés par la France. (…) A la fin du mois de juillet, les rebelles des montagnes de Nefoussa sont aux portes des villes de Bir-al-Ghanam et Gharyane. Tripoli est à moins de 100 km. Le 8 août, les rebelles de Tripoli reçoivent des armes acheminées depuis Misrata et Benghazi. Le lancement de l'attaque finale est programmé pour le 17. Comme espéré par les révolutionnaires, Kadhafi a commis l'erreur d'envoyer plusieurs garnisons protéger Brega à l'est de la capitale. Les rebelles de l’adrar se lancent sur Zaouia, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli. Les combats durent plusieurs jours, mais les forces de Kadhafi finissent par abandonner. Le 19, la ville de Gharyane tombe aussi, bloquant la route du sud ». A partir de là, la marche vers Tripoli a été fulgurante, et, à ce jour, les troupes révolutionnaires qui contrôlent la capitale sont composées aux deux-tiers par des soldats Amazighs descendus de l’Adrar Nefoussa. Ils sont une pièce maîtresse dans la construction de la Libye nouvelle et démocratique, car ils sont portés par des valeurs de tolérance et de modération religieuse comme le sont, d'une façon générale, tous les Amazighs d'Afrique du Nord, qu'ils soient de Kabylie en Algérie, du Rif et d'autres régions berbères du Maroc, et, bien sûr, dans l'Adrar Nefoussa, tant dans sa partie libyenne que dans sa partie tunisienne. Régions et Peuples Solidaires (RPS) est fier de compter dans ses rangs le Congrès Mondial Amazigh qui a été au contact permanent de la rébellion depuis février dernier. En mai, au Parlement Européen, des représentants de la direction du mouvement de résistance sont venus à l'invitation du Friendship Euro-Amazigh que j'ai créé dès mon élection. Actuellement RPS contribue à organiser une visite officielle de la candidate à l'élection présidentielle EELV Eva Joly au sein des montagnes de Nefoussa, de façon à faire savoir que le combat des nations opprimées se battant pour leurs droits est un combat libérateur dans tous les pays du monde. Dans l'Adrar Nefoussa la résistance au régime Kadhafi dure depuis 40 ans, et non depuis quelques mois, car jamais les Amazighs n'ont renoncé à leur langue et à leur identité, et, quand les heures ont été décisives, ces militants ont su donner la poussée historique pour que le régime s'effondre. C'est là l'hommage que l'on doit leur rendre, et le message que l'on doit porter en Europe pour faire connaître leur cause et celle de tous les Amazighs d'Afrique du Nord. Au Parlement Européen, le friendship amazigh/berbère y contribuera activement. Bruxelles, 18/09/2011 François ALFONSI, Député au Parlement Européen, Président du friendship Euro-Amazigh Pour s'y retrouver dans la géographie libyenne.... L'Adrar (djebel) Nefoussa est une montagne en forme de croissant qui se développe à une soixantaine de kilomètres de la mer. Pour sa plus grande partie elle est en Libye, mais 20% environ sont en Tunisie. Un poste frontière les relie : Dehiba, dont la chute en Avril a été capitale pour créer un « cordon vital » entre la rébellion amazigh et les forces internationales. La partie la plus orientale de l'Adrar Nefoussa domine le désert à l'arrière de Tripoli, avec, au débouché des vallées qui descendent des montagnes, des villes-garnisons qui sont autant de verrous stratégiques. Ainsi, la chute du dernier verrou, Gharyane, a ouvert la route aux rebelles vers Tripoli. La Libye est formée de deux grandes régions historiques, la Cyrrhénaïque dont la capitale est Benghazi, et la Tripolitaine. Entre les deux, d'est en ouest, la ville de Syrte, d'où Kadhafi espérait reconquérir Benghazi, et le port de Misrata où la résistance, appuyée par les flottes française et anglaise, a réussi à rester une ville libérée. Mais, entre Misrata et Tripoli, d'autres villes restaient acquises au régime, empêchant les troupes rebelles de rallier directement Tripoli. Elles seront finalement acheminées par mer, mais en nombre restreint. Aussi, pour la prise de Tripoli, ce sont les Amazighs de Nefoussa qui ont fourni l'essentiel des troupes.
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