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Nations Unies

Le CMA participe à la 5ème session du Mécanisme d’Experts des Nations Unies

 sur les droits des peuples autochtones à Genève (9-13 juillet 2012)
 

Une délégation du Congrès Mondial Amazigh, composée de Khalid Zerrari, Vice-Président, Mhand Mimouni, Belkacem Lounes, membres du Conseil Fédéral et Tijani Saadani, a participé à la 5ème session du Mécanisme d’Experts des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones (MEDPA) qui s’est déroulée du 9 au 13 juillet 2012 à Genève. Les membres du CMA-Algérie n’ont pas pu prendre part à cette rencontre faute de visas.  

Les représentants du CMA ont également participé au Caucus autochtone mondial qui a eu lieu le 8 juillet au centre oeucuménique de Genève.  

Au cours de cette session, les membres du CMA ont participé à un évènement parallèle sur l’Azawad, organisé par l’association Tin-Hinan et accompagné cette association à l’entrevue avec James Anaya, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les questions autochtones. Tin-Hinan et le CMA ont demandé au Rapporteur Spécial d’intervenir dans le dossier de l’Azawad en tant que médiateur au nom de l’ONU.  

Au cours des assemblées plénières de cette session du MEDPA, Khalid Zerrari a fait une intervention sur le thème principal de cette session : « le rôle de la langue et la culture dans la promotion des droits et de l’identité des peuples autochtones » et Mhand Mimuni est intervenu sur le thème de la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.  

Voici l’essentiel de l’allocution de Khalid Zerrari :  

« Nous nous réjouissons du le fait que l’étude effectuée cette année par le groupe de travail du Mécanisme d’experts considère que la langue n’est pas uniquement un moyen de communication mais qu’elle est surtout un élément essentiel du mode de vie et de l’identité des peuples autochtones. La langue comprend et véhicule les valeurs, l’histoire, l’âme des peuples et leur manière d’appréhender le monde. A juste titre, l’étude fait également le lien entre les droits culturels et linguistiques et le droit à la terre et aux ressources, le droit à la prise de décision et le droit à l’autodétermination. Ces droits sont indissociables et indivisibles.  

L’étude évoque les très nombreux cas de manquements des Etats à leurs obligations en matière de reconnaissance, de respect et de promotion des langues et cultures autochtones. Mais l’étude signale aussi quelques exemples positifs parmi lesquels celui de la Constitution du Maroc qui a érigé en 2011 la langue amazighe au rang de langue officielle, à côté de l’arabe, autre langue officielle du pays. Bien sûr, en tant qu’Amazighs, nous ne pouvons que nous réjouir du fait que notre langue si longtemps exclue, retrouve sa place légitime dans notre pays. Ce résultat n’est pas tombé du ciel, c’est le fruit de longues années de luttes et de sacrifices des Amazighs dont certains en payent encore le prix fort aujourd’hui, comme Mustafa Oussaya et Hamid Ouattouch injustement emprisonnés pour une durée de 10 ans à cause de leur appartenance au mouvement culturel amazigh.  

Cela fait donc une année et quelques jours depuis que la langue amazighe est langue officielle au Maroc, mais ce statut n’a absolument rien apporté de concret et on peut en dire de même en Algérie où Tamazight a accédé au statut de langue nationale en 2002, mais sans aucune suite positive sur le terrain. Pourquoi ces blocages ? 

La réponse me semble se trouver dans ce qui a été dit plus haut : Il ne peut y avoir de respect des droits linguistiques et culturels sans reconnaissance et respect des autres droits, en particulier le droit de décider et le droit à l’autodétermination. Les Amazighs étant à ce jour privés de ces droits fondamentaux, ils ne peuvent donc mettre en œuvre aucune politique en faveur de leur identité car tous les leviers de décision leur échappent. Au Maroc, en Algérie et dans les autres pays nord-africains, les Etats sont dirigés au nom de l’idéologie araboislamique qui considère que la diversité culturelle et linguistique est une menace à son hégémonie et à son expansion. Il est donc logique que les Etats qui sont au service de cette idéologie dominante, agissent exclusivement en sa faveur et contre la langue et la culture amazighes autochtones.  

Que recommander dans ce cas ?

que tous les organes des Nations Unies accentuent leurs pressions sur ces Etats afin que ces derniers se soumettent au droit international, 

que les peuples autochtones, partout où ils vivent, s’appuient sur ce que prévoit le droit international et en particulier la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, pour porter encore plus fort et plus haut leurs revendications,

que les peuples du monde se donnent davantage la main pour changer l’ordre injuste du monde ».  

Quant à Mhand Mimouni, s’appuyant sur l’enquête effectuée récemment sur la mise en oeuvre de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones par les Etats, il a déclaré :  

« Je tiens tout d’abord à féliciter les membres du Mécanisme d’experts pour leur initiative de questionner les Etats sur la mise en œuvre de la Déclaration 5 ans après son adoption par l’assemblée générale de l’ONU. C’est effectivement une très bonne méthode, non seulement, pour évaluer les efforts faits par les Etats dans ce domaine, mais c’est aussi une manière de leur rappeler leur devoir d’appliquer les dispositions prévues par cette Déclaration.  

Mais, à la lecture du rapport, on constate malheureusement que seuls 12 Etats ont répondu au questionnaire, soit environ 7% des membres de l’ONU! On peut, par conséquent, se demander ce que signifie ce très faible taux de réponses à ce questionnaire… ? Je ne vois pas d’autre raison que la mauvaise volonté. 

En tout cas, nous félicitons les Etats qui ont répondu à l’enquête et les encourageons à poursuivre leurs efforts dans le sens de l’application de la Déclaration. Aussi, nous recommandons vivement au Mécanisme d’experts d’insister auprès des Etats qui n’ont pas répondu au questionnaire afin qu’ils accomplissent cette tâche. 

En ce qui concerne particulièrement les mesures spécifiques d’ordre juridique et politique en vue de faire appliquer les droits inscrits dans la Déclaration, la question de l’accès équitable des peuples autochtones à la justice nous semble primordiale. Pour cela, il faudra veiller à ce que la législation soit dite aussi dans la langue des peuples autochtones et d’autre part que le droit coutumier soit retenu comme une des sources de la législation des Etats.  

Je voudrais aussi rappeler que d’une manière générale et pour l’écrasante majorité des pays, il y a un abîme qui sépare les droits des peuples autochtones tels qu’ils sont inscrits dans la Déclaration et leur application concrète. Ce grand écart décrédibilise notre action et désespère les populations victimes. C’est le cas dans l’Azawad comme c’est le cas des habitants d’Imider (1) dans les montagnes de l’Atlas au Maroc, qui sont en grève générale depuis plus d’une année pour protester contre la spoliation de leurs droits à leur terre et à leurs ressources. Et au lieu de dialoguer, les autorités marocaines n’ont rien trouvé de mieux que de jeter en prison pour deux ans, deux acteurs associatifs, Jamal Ouassou et Lhoucine Ait-Baha (2). 

Il faut que l’institution onusienne fasse tout pour nous aider à accélérer la reconnaissance et le respect effectif des droits des peuples autochtones. Il faut aider les peuples à garder espoir si nous voulons éviter les révoltes permanentes…  

Je recommande donc aux membres du Mécanisme d’experts d’initier des actions de proximité, d’aller sur le terrain à la rencontre des réalités que vivent les peuples autochtones. Et si vous le permettez, au nom du Congrès Mondial Amazigh, je vous invite à venir nous rendre visite au Maroc ou dans d’autres pays de Tamazgha (3) à une date qui vous convient. 

C’est aussi de cette manière à mon avis, que nous pouvons faire progresser les droits des peuples ».
 

(1) Imeder : village dans la province de Tinghir au sud-est du Maroc (lieu de la mine d’argent Taouzzate)

(2) Jamal Ouassou et Lhoucine Ait Baha membres de l’association des populations des montagnes du monde section Anti-Atlas, Maroc, instituteurs et militants des droits de l’homme.

(3) Tamazgha : Pays des Amazighs au Nord de l’Afrique ; de l’Egypte jusqu’à l’Archipel Canarien et de la Méditerrané jusqu’au grand Sahara au Sud. 

Genève, 14 juillet 2012 

Rédaction CMA

 
Union Européenne

Le Congrès Mondial Amazigh à l’Union Européenne

Le Président du Congrès Mondial Amazigh (CMA), Fathi Nkhlifa et Belkacem Lounès, responsable des relations internationales, ont été reçus à Bruxelles le 3 juillet 2012 au cabinet de Mme Catherine Ashton, Vice-Présidente de la Commission de l’UE et représentante de l’UE pour les affaires extérieures.

Le sujet de la discussion a porté essentiellement sur l’évolution de la situation dans l’Azawad. Les représentants du CMA ont insisté sur les points suivants :

-          Le conflit entre le gouvernement malien et les Touaregs date de la veille de la formation de l’Etat malien et n’a donc rien de conjoncturel. En témoignent les révoltes permanentes des Touaregs depuis le début des années 1960 et particulièrement au cours des 25 dernières années,

-          Les revendications politiques, socioéconomiques et culturelles des Touaregs n’ont jamais trouvé de réponse malgré les accords signés entre l’Etat malien et les représentants Touaregs en 1994 et en 2009,

-          Le projet d’indépendance de l’Azawad porté par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), est conforme au droit international relatif au droit à l’autodétermination des peuples. De plus, il vise à l’instauration d’un Etat de l’Azawad démocratique et qui respecte les droits humains et les libertés fondamentales tels qu’ils sont universellement définis,

-          Depuis la fin de son action armée le 6 avril dernier, le MNLA ne cesse d’appeler à des négociations directes avec le gouvernement malien, en présence de parties neutres telles que l’UE et l’ONU, pour mettre en place les dispositions finales du retour à la paix,

-          Les groupes islamistes, terroristes et narcotrafiquants, sévissent dans la région du Sahel depuis plus d’une décennie au vu et au su des Etats de la région qui n’ont entrepris aucune action contre eux,

-          Depuis de nombreuses années et aujourd’hui encore, les Touaregs appellent en vain les Etats de la région et la communauté internationale à une collaboration en vue d’éliminer ces groupes étrangers criminels qui sèment la terreur,

-          Les groupes islamistes (Alqaeda, Mujao, Ansar-Dine) reçoivent des aides matérielles et financières de certains Etats de la région et du Moyen-Orient. L’UE doit faire cesser ces aides par tous les moyens,

-          Le MNLA et les populations de l’Azawad rejettent toute forme d’idéologie intégriste incompatible avec la culture de tolérance des populations autochtones. Malgré les risques, les femmes et les hommes de l’Azawad l’ont clairement et courageusement exprimé récemment lors de manifestations publiques notamment à Gao et à Kidal,

-          Le MNLA est toujours disposé au dialogue et pour mettre en œuvre toute action en vue de débarrasser l’Azawad des groupes salafistes terroristes. Aucune opération initiée par l’Union Africaine, l’UE ou l’ONU n’a de chance d’aboutir sans la participation active du MNLA aussi bien dans son élaboration que dans sa mise en œuvre.

Après un long échange avec les représentants des Affaires extérieures de l’UE, les responsables du CMA n’ont noté aucune divergence importante entre les deux parties. Ils ont convenu de maintenir le contact afin de poursuivre les échanges d’informations et d’analyses et d’accompagner l’Azawad et le Mali dans la recherche du chemin de la paix et du développement durables.

Bruxelles, 3 juillet 2012.

Rédaction CMA.

 
Peuples Autochtones

Instance Permanente des Nations Unies sur les questions autochtones

XI° Session, New-York, 9-17 mai 2012 

Intervention de Kamira Nait-Sid, Vice-Présidente du Congrès Mondial Amazigh

 

Mr le Président,

Mmes, Mrs 

Le nord de l’Afrique, de l’oasis de Siwa en Egypte jusqu’à l’archipel canarien, est le pays traditionnel des Amazighs, peuple autochtone de cette région du monde. 

Depuis un peu plus d’une année, les pays de cette région (Egypte, Tunisie, Libye et à un degré moindre l’Algérie et le Maroc) ont été confrontés à des révoltes populaires présentées par les médias internationaux sous le nom de «révolutions arabes».  

Je tiens à préciser que cette présentation est fausse et injuste car elle occulte les Amazighs qui sont pourtant 30 millions d’habitants dans cet espace. De plus, ces derniers luttent sans relâche depuis des décennies contre les violations de leurs droits, leur marginalisation sociale et politique, la négation de leur culture et la spoliation de leurs ressources naturelles. 

Quels ont été les impacts de ces «révolutions» pour les Amazighs, peuples autochtones nord-africains ? 

Nous constatons presque partout, que les régimes dictatoriaux déchus ont été remplacés par des gouvernements islamistes, dont la législation et les pratiques s’inspirent explicitement de la Chari’a islamique. Or cette Loi islamique contredit gravement les droits humains et les libertés fondamentales tels que universellement définis. La Chari’a islamique n’admet aucune diversité (religieuse, de croyance, culturelle…) et prévoit un statut de la femme inférieur à celui de l’homme auquel elle est légalement soumise. La Chari’a est un dogme qui est également incompatible avec la culture et les valeurs des Amazighs, qui prônent la liberté et le respect de la différence.  

Pour nous Amazighs, l’arrivée de régimes islamistes signifie clairement que les politiques d’exclusion dont nous étions victimes jusque-là, vont se poursuivre et probablement avec encore plus d’acharnement.  

La situation actuelle nous rappelle de manière très inquiétante ce qui s’est passé il y a 14 siècles, lorsque l’invasion venue de l’est, sous l’étendard arabo-islamique a déferlé sur le nord de l’Afrique, ne laissant aucun autre choix aux autochtones que: accepter l’islam ou être tué. Les Amazighs, leur langue et leur culture se sont alors mis à reculer et n’ont survécu que parce qu’ils se sont repliés sur les territoires les plus inaccessibles et les plus pauvres : les montagnes et les déserts.  

Et même dans ces ultimes refuges, les Amazighs ne trouvent pas la paix. Ils sont sans cesse harcelés, chassés, violentés, dépossédés, de la Kabylie à l’Azawad, en passant par le Rif, l’Atlas, l’Aurès, l’Adrar Nefussa et dans bien d’autres territoires, particulièrement lorsque ceux-ci recèlent des ressources naturelles.  

Et lorsque les Amazighs osent se révolter, on les accuse, on les menace, on les attaque par tous les moyens, y compris en introduisant et/ou en favorisant dans leurs territoires, des poisons mortels comme les groupes terroristes islamistes, les narcotrafiquants, la militarisation qui font fuir les populations de leurs terres et de leurs lieux de vie traditionnels. C’est ce qui est entrain de se produire partout au nord de l’Afrique et de manière très visible aujourd’hui dans l’Azawad, berceau de la civilisation des Touaregs au nord du Mali.  

A qui voulez-vous qu’on s’adresse, sinon au droit international et à la communauté des nations du monde pour ne pas accepter tous ces systèmes prédateurs qui menacent la survie des peuples les plus vulnérables. 

Il faut que les Nations Unies décident de mettre en place une protection juridique internationale contraignante, pour protéger les autochtones du monde, ces témoins, ces acteurs, ces gardiens de la biodiversité sans laquelle l’humanité entière serait vouée à la mort. 

Cela est nécessaire et urgent ! 

Je vous remercie. 

Kamira Nait Sid

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