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Chakib El-Kheyari: conférence de presse Version imprimable Suggérer par mail
Chakib El-Kheyari : conférence de presse à Rabat

 

 

Après la condamnation de Chakib El-Kheyari à 3 ans de prison et 753.930 DH (soit 68000 €) d’amende, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a réagi en organisant une conférence de presse le 16 juillet 2009 au club de la presse à Rabat.

 

 

Le CMA était représenté par son Président, Belkacem Lounes, Khalid Zerrari, vice-président, Mohamed Bouchdoug et Ahmed Ouass, membres du Bureau ainsi que Zoubida Fdail et Tijani Saadani, membres du Conseil Fédéral. Ont également pris part à ce rendez-vous avec la presse marocaine, les représentants des ONG qui ont organisé en janvier dernier, le Forum de Barcelone sur «les cultures déclarées illicites» auquel avait participé Chakib El-Kheyari. Il s’agit de Transnational Institute (TNI, Hollande), représenté par Pien Metaal, de Centro de Estudios Rurales y de Agricultura Internacional (CERAI, Espagne), représenté par Lluis Romero et de l’Association des Populations des Montagnes du Monde (APMM, France), représentée par Jean Bourliaud.

 

 

Le CMA a également invité les avocats de Chakib El-Kheyari, Maitres Belakhdar et Khattab ainsi que Amine El-Kheyari, frère de Chakib et Mohamed El-Hammouchi, vice-président de l’association Rif des droits de l’homme. Etaient également présents le représentant de Human Rights Watch ainsi que le représentant de l’instance nationale pour la protection des biens publics au Maroc.

 

 

Un dossier de presse a été distribué aux journalistes dans lequel étaient insérées les déclarations de soutien à Chakib El-Kheyari, publiées par Amnety International, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits e l’Homme (FIDH), l’Observatoire international pour la protection des droits de l’homme, la CGT-Espagne et European Coalition for Just and Effective Drug Policies (Encod).

 

 

Le Président du CMA dira d’emblée que ce point de presse est une occasion de dénoncer la condamnation arbitraire de Chakib El-Kheyari et qu’il faut considérer Chakib comme un prisonnier politique. Cette condamnation qui ne repose sur aucun élément juridique sérieux, est une décision du ministère de l’intérieur et non de la justice. « C’est une honte pour le Maroc !», dira t-il avant d’ajouter que le Maroc doit mettre fin définitivement au délit d’opinion et à la détention politique.

 

 

Les représentants des ONG (TNI, CERAI et APMM) ont déclaré que Chakib n’a fait que jouer son rôle de défenseur des droits de l’homme en dénonçant une réalité connue de tous et régulièrement rapportée par la presse marocaine, concernant la corruption et l’implication de responsables marocains dans le trafic de drogue au détriment des petits paysans Rifains. Ce faisant, Chakib ne porte pas atteinte à l’intégrité du Maroc mais au contraire il contribue au processus démocratique. Pour les ONG, la condamnation de Chakib n’est qu’une violation de la liberté d’opinion et d’expression. En conséquence, « il faut libérer Chakib » ont exigé les représentants de TNI, CERAI et APMM.

 

 

Les avocats de Chakib ont de leur côté mis en évidence l’inadéquation, les contradictions et l’obsolescence des textes de lois sur lesquels s’est appuyé le tribunal et dénoncé l’ingérence du ministère de l’intérieur qui a publié un communiqué de condamnation de Chakib pendant la période d’instruction de l’affaire. De plus, Chakib qui est accusé d’avoir fait des déclarations à la presse, aurait dû être poursuivi dans le cadre de la loi sur la presse (qui prévoit une amende et/ou un an d’emprisonnement au maximum) et non au pénal. Les avocats signalent également un certain nombre d’irrégularités : l’absence de plaignant dans cette affaire, l’absence de traduction de plusieurs pièces figurant au dossier et le fait que Chakib ait été jugé par le tribunal de première instance de Casablanca alors qu’il existe un tribunal similaire à Nador où réside Chakib et sa famille. En conséquence, le condamné n’a pas bénéficié des garanties requises ni d’un procès équitable.

 

 

Amine, le frère de Chakib, s’est félicité de la solidarité qui s’est manifestée en faveur de son frère aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Concernant les conditions de détention, il a affirmé que Chakib est dans une cellule isolée et n’a droit ni à la télévision, ni à la presse. Il a également déploré que Chakib soit incarcéré à Casablanca, distante d’environ 800 km de Nador, ce qui rend les visites difficiles et coûteuses.

 

 

Pour sa part, Mohamed El-Hammouchi, vice-président de l’association Rif des droits de l’homme a déclaré que Chakib a été condamné en raison de son rôle de défenseur des droits de l’homme et pour avoir usé de son droit à la liberté d’expression. Il a interpellé le gouvernement marocain concernant les violations de l’article 9 de la Constitution qui garantit à tous les citoyens « la liberté d'opinion, la liberté d'expression sous toutes ses formes et la liberté de réunion », ainsi que l’article 19 du Pacte international sur les droits civils et politiques qui stipule que « nul ne peut être inquiété pour ses opinions » et que « toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ».

 

 

Répondant aux questions des journalistes, Belkacem Lounes, Président du CMA a déclaré que jusque-là son organisation a observé une certaine discrétion afin de ne pas interférer dans le déroulement du procès. A présent que la preuve de l’arbitraire est faite, le CMA va multiplier les initiatives en faveur de Chakib, membre du Conseil Fédéral de l’ONG amazighe. Des avocats étrangers seront sollicités en vue de renforcer sa défense en prévision de son procès en appel et les instances internationales seront de nouveau interpellées à ce sujet, notamment Mme Margaret Sekaggya, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, le Parlement Européen ainsi que l’Union Européenne avec laquelle le Maroc est lié par un accord d’association.

 

 

Le CMA remercie tous les citoyens, associations et ONG qui ont exprimé leur solidarité avec Chakib El-Kheyari et les appelle à rester mobilisés jusqu’à sa libération ainsi que celle de tous les prisonniers politiques au Maroc.

 

Rabat, 16 juillet 2009

 

 

Le secrétariat du CMA

 

 

Congrès Mondial Amazigh

BP 124 – 108, Rue Damremont

75018 Paris

www.congres-mondial-amazigh.org

 

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