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Aurès: Abou Ghraib, c'est aussi en Algérie |
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Terreur, humiliations, tortures de citoyens amazighs dans la région des Aurès...
Un jeune algérien sodomisé dans une enceinte de la brigade de la gendarmerie. Ce n'est pas un autre fait tiré des sinistres couloirs de la prison d'Abou Ghraïb en Irak, mais cela vient de se produire à l'intérieur d'un cantonnement de gendarmes installé dans la ville de Tkout, à Batna. Les manifestations qui ont secoué dernièrement cette partie des Aurès ne cessent ainsi de défrayer la chronique. D'autres citoyens qui ont subi cette affreuse humiliation et de pires procédés de la torture se disent prêts à témoigner devant la justice pour peu que les autorités du pays leur accordent une protection. Mais à l'heure où la répression est érigée en mode de gestion des affaires du pays, aucun des dirigeants politiques n'a daigné tendre l'oreille aux interpellations des citoyens qui font état de véritables massacres des consciences. Ni les députés ni les sénateurs et encore moins le chef de l'exécutif n'ont soufflé mot à l'occasion des débats engagés ces derniers jours sur le programme du gouvernement. Hier, Tkout offrait le spectacle d'une véritable ville terrorisée. Des renforts de gendarmes viennent d'être dépêchés sur les lieux pour contraindre les commerçants à laisser leurs magasins ouverts en signe de refus au mot d'ordre de grève générale à laquelle a appelé le mouvement citoyen des Aurès. Les autorités locales redoutent une expression publique des populations locales au lendemain des lourdes peines prononcées, lundi dernier, par la justice contre les délégués du mouvement citoyen de la région. L'impressionnant dispositif sécuritaire déployé autour de Tkout a, en effet, pour seul objectif d'isoler cette ville des autres communes avoisinantes de peur de voir la contestation se propager. Les barrages de contrôle sont dressés sur tous les axes routiers menant à cette localité. La route qui dessert Biskra, pour ne citer que cet exemple, est truffée de quelque six points de contrôle de la gendarmerie. La fouille est systématique. Les services de sécurité sont sommés de mettre rapidement la main sur les animateurs de la contestation des Aurès en fuite. Ces derniers se sont volatilisés pour vivre dans la clandestinité : il y a ceux qui sont dans les villes du centre et ceux qui ont préféré se réfugier dans les forêts. Une aubaine pour les gendarmes, confient avec amertume quelques suppliciés, pour humilier davantage les contestataires. « Maintenant qu'il n'y a que vos femmes dans vos maisons, on va faire notre fête », jubilent les préposés à la torture, rapportent quelques victimes qui ont subi d'interminables séances d'interrogatoire...
Nadir Bensaba
extrait, Le Matin, Algérie, édition du 25-05-04
www.lematin-dz.net
NB: Les titre et sous-titre sont de la rédaction du cma.
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