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Visite en Algérie de Mme Navi Pillay Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Mme Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme a effectué une visite de trois jours en Algérie (17 au 19 septembre 2012). C’est la première fois que le gouvernement algérien autorise une visite d’un Haut Commissaire aux droits de l’Homme. A priori, il y avait de quoi susciter la satisfaction, voire l’enthousiasme des défenseurs de droits humains dans ce pays. En réalité, fidèle à ses méthodes opaques et usant toujours du prétexte de l’insécurité qu’il ne cesse d’entretenir, le gouvernement algérien a tout mis en œuvre pour que ce soit une simple visite protocolaire sans aucun impact significatif. La visite a été couverte par la plus grande discrétion et le gouvernement algérien s’est arrangé pour que la Haut Commissaire ne rencontre que les personnes et les organisations choisies par lui-même : le chef de l’Etat, le Premier Ministre, les ministres des Affaires Etrangères, de la Justice et de l'Intérieur, les présidents des deux chambres haute et basse du Parlement et de la Cour suprême et du Conseil d'Etat, des parlementaires et des membres de l'appareil judiciaire ainsi que le Président de la Commission nationale consultative pour la promotion et de protection des droits de l'homme. Quant aux organisations indépendantes, la Haut Commissaire aux droits de l’homme affirme qu’elle a «également eu des entretiens approfondis avec un diverses organisations de la société civile engagées dans la défense des droits de l'homme», mais sans que l’on sache lesquelles. Pour ce qui concerne le Congrès Mondial Amazigh (CMA), dès qu’il a eu connaissance de la visite de Mme Pillay en Algérie, il a immédiatement transmis sa demande de rencontre avec la Haut Commissaire, par écrit et par téléphone, au Haut Commissariat aux droits de l’Homme à Genève et auprès des représentants de l’ONU à Alger, partenaires des autorités algériennes dans l’organisation de l’agenda de Mme Pillay. Malgré notre insistance, les membres du CMA-Algérie n’ont pas pu rencontrer la Haut Commissaire et aucune explication ne nous a été donnée à ce jour au sujet de l’ostracisme dont ont fait l’objet les représentants du CMA en Algérie. Par ailleurs, nous regrettons beaucoup que Mme Pillay ait été contrainte de ne pas quitter son hôtel à Alger, sans pouvoir effectuer une visite de terrain, pas même dans les environs d’Alger. Cela prouve une fois de plus que le pouvoir algérien a beaucoup de choses à cacher en matière de crimes et de graves atteintes aux libertés fondamentales et aux droits humains. En conséquence, s’il devait y avoir de nouvelles visites de représentants du Haut Commissariat aux droits de l’homme en Algérie, le CMA leur recommande instamment d’exiger des autorités algériennes la totale liberté de circulation et de rencontres avec les organisations de la société civile de leur choix. L'Algérie a signé et ratifié la quasi-totalité des principaux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, mais dans la pratique, le régime algérien n’est que mépris vis-à-vis du droit international et son gouvernement ainsi que son système militaro-policier continuent de violer quotidiennement les plus fondamentaux des droits humains, particulièrement en Kabylie, toujours soumise de fait à l’état d’urgence. C’est ce que le CMA continuera de dénoncer sans relâche, malgré les interdits et les obstacles, aussi bien en Algérie que sur toutes les places internationales, en tant que contribution à la lutte contre les injustices et l’impunité et pour un état de droit dans ce pays. Tizi-Wezzu, 16/09/2962 - 28/09/2012 Le Bureau Mondial du CMA
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